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L'histoire de Sélestat est très riche. Faisons-là revivre un peu.
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Les "matrones jurées" ou sages-femmes.

Les "matrones jurées" ou sages-femmes.

Publié le 24/11/2020 à 22:26 par blogselestat
Les "matrones jurées" ou sages-femmes.

Les "matrones jurées" ou sages-femmes.

 

C'est l'un des plus vieux métiers du monde dont la trace se perd dans la nuit des temps. Dans la Rome antique les obstetricie medicae étaient des praticiennes très respectées.

Le terme "sage-femme" est déjà attesté sous cette forme en 1212 avec les variantes "femme-sage", "sage-mère" et "matrones".

Au moyen-âge elles sont poursuivies par l'Inquisition. Ce sont des femmes issues de milieux populaires qui, de manière empirique, portent assistance aux paysannes.

Le Pape Innocent VIII dans le Malleus Maleficarum les assimile aux sorcières disant qu'elles "offrent les enfants de manière sacrilège aux démons."

Des temps plus cléments arriveront !

 

Sous l'Ancien Régime sage-femme devient un métier payé par les communautés de villages pour leurs prestations sous l'égide des municipalités auxquelles elles prêtent serment.

En plus d'aider les femmes, elles ondoient les nouveaux-née en état de danger de mort, recherchent le père pour les naissances illégitimes et déclarent les enfants à l'état civil.

Elles jouent un rôle essentiel en aidant à donner la vie, mais bien souvent sans grandes connaissances médicales, leur savoir était basé sur une transmission orale.

 

Une école à Strasbourg.

Strasbourg peut s'enorgueillir d'avoir eu la première école de sages-femmes de France, fondée par le médecin-accoucheur Jean-Jacques FRIED en 1727, qui présidait aussi le jury chargé d'évaluer les compétences des futures sages-femmes.

 

Les conditions d'admission étaient les suivantes :

- être âgée de 19 à 30 ans,

- savoir lire et écrire,

- fournir un certificat de bonne conduite et un certificat de bonne constitution,

- justifier qu'elle ne peut payer elle-même son instruction.

On enseignait l'anatomie et la physiologie des femmes, l'hygiène des femmes enceintes et des nouveaux-nés, les maladies des femmes en couches, les différents types de grossesses, les accidents pouvant survenir aux accouchements etc...

Pour les travaux pratiques par exemple, elles accompagnaient les maîtresses sages-femmes lors des accouchements des filles-mères hors de la Maison de santé.

A la fin des cours elles passaient un examen pour un certificat de capacité et paraissaient devant un jury pour obtenir leur diplôme afin de pouvoir exercer sous la tutelle des municipalités.

 

Et à Sélestat.

Sur un état du 5 mai 1796 on trouve les noms des Hewann (ou Hebamm) "matrones" de la cité :

- Ursule SCHLAHR, nommée en 1769,

- Marie Ursule GRAUS, nommée en 1873,

- Marie Anne LABROUX, nommée en 1775,

- Anne STEYER, nommée en 1775.

Les quatre ont effectué leur formation à Strabourg et ont donc reçu un enseignement solide. Elles furent validées pour la ville par le docteur Kübler. Mais il leur fallait prêtre serment à la Constitution et jurer de se conformer à la loi.

En 1793, Ursule KEHLER qui s'y est refusée fut sommée "de ne plus continuer son dit métier sous peine d'être déportée de la ville à dix lieues des frontières et éprouver le sort de toute personne suspecte."

Certaines outrepassaient leurs prérogatives comme en 1697 où le médecin André HEFFTER prie le Magistrat d'empêcher Marguerithe ROTH "de se mêler des affaires de médecine". Elle demandera pardon au médecin promettant "qu'elle ne se meslera à l'advenir que de ce qui est de sa profession de sage-femme."

 

Leur activité était importante et pas toujours bien payée, mais elles étaient écoutées. Séance du Conseil municipal du 12 juillet 1823 :

"Le Conseil, vu la pétition présentée par les nommées Steyer, Frey, Lux et Saur, les quatre sages-femmes de cette ville, par laquelle après avoir exposé que l'exercice de leurs fonctions devient chaque jour plus pénible, qu'elles se trouvent fréquemment appelées pour accoucher des femmes indigentes et même des filles auxquelles elles donnent leurs soins, sans pouvoir prétendre au moindre salaire pour leurs peines et pour leurs veilles, elles supplient le Conseil de vouloir bien leur accorder une légère indemnité sur les fonds de la Caisse communale."

Le Conseil tiendra compte de la requête et la trouvera juste, considérant que les 1.800 francs affectés au Bureau de charité sont trop restreints, mais qu'il accorde un crédit de 200 francs "pour être ladite somme partagée chaque année entre les quatre sages-femmes dénommées"

 

Au milieu du 19ème siècle elles sont plus nombreuses :

- Salomé BALDENWECK épouse de Louis DANTZER,

- Marie Anne BREITEL épouse de Joseph STUDLER,

- Thérèse FELDGIESSELDT épouse de Ferdinand KUNTZ,

- Marie Anne FREY épouse de Georges DANTZER,

- Ursule JEHL épouse de Dominique KREMBSER puis de Jean HAAS,

- Marie Elisabeth LAMBRECHT épouse de Jean Bernard COMEAU,

- Ursule MAITRE épouse de Louis SCHRAMM,

- Marie Anne OFFENSTEIN épouse de Antoine Ignace HAUBTMANN,

- Anne Marguerite SAUR épouse de Charles GENY,

- Madeleine STEYER.

 

Aujourd'hui le diplôme de sage-femme sanctionne cinq années d'études sérieuses, les amenant à être les partenaires des médecins. C'est un difficile mais beau métier qui donne la vie en aidant les femmes à accoucher dans les meilleures conditions.

Depuis 1980, mais seulement dans la proportion d'environ 3% (2017) la profession est ouverte aux hommes. On a proposé "sage-homme", 'matron" (sur le féminin matrone) "maïeuticien" ou "maïeutiste", "parturologue", termes finalement écartés par l'Académie Française au bénéfice de "sage-femme" pour les deux sexes malgré la bizarrerie de l'expression appliquée à un homme

 

Jean-Pierre BERNARD.